Dire que pendant des années, on a préparé nos militaires à faire la guerre, à lutter contre les terroristes et les attentats ! Les Etats ont investi des milliards dans la fabrication d’armes et se sont corrompus en légitimisant la violence. On a produit des armes de destruction massive et aujourd’hui, on est sans défense contre un virus qui détruit massivement.
Avec quelles armes est-on en train de lutter contre le coronavirus ? Des masques, des gants, des respirateurs et de l’oxygène ! tout cela avec un personnel hospitalier et des moyens insuffisants !

Cette épidémie aura l’avantage de révéler nos faiblesses : choix des stratégies politiques, un plan hôpital qui s’enlise depuis trop longtemps, la suppression du numerus clausus qui arrive un peu tard, trop tard pour pallier le manque de médecins. Elle révèle aussi les failles de la globalisation avec une répartition insensée de la production industrielle et agricole lorsqu’on délaisse les productions locales pour favoriser les produits qui arrivent de l’autre bout de la planète !

Dans les attributions régaliennes de l’Etat, il y a l’indépendance énergétique et l’indépendance alimentaire. Au vu de la balance commerciale, sommes-nous indépendants dans ces deux domaines ? J’en doute fort. Peut-être que nous sommes indépendants sur le plan alimentaire mais avec des produits destinés à l’exportation, plus chers sur nos étals que les produits importés.

Nous vivons un grand moment de l’histoire de l’humanité. Un de ces moments où le monde bascule, vers le meilleur ou le pire. Ce coronavirus fait l’effet d’une bombe nucléaire décimant tout sur son passage. C’est une bombe que nous avons fabriquée avec nos excès de consommation, de mobilité, négligeant l’hygiène, la santé, la sécurité, le respect des hommes, des femmes et des enfants, qu’on tue ou qu’on laisse mourir à cause de leurs conditions sociales, leurs races ou leurs religions.

Nous basculerons vers le pire si nous revenons vers l’ancien monde et ses institutions obsolètes.

Nous basculerons vers le meilleur si nous saisissons la chance qui nous est donnée de changer nos modes de vie et de consommation.

On tergiversait sur les réseaux sociaux, la robotique, l’intelligence artificielle, les échanges virtuels. Nous y sommes contraints !

Certains rêvaient à juste titre de décroissance, de consommation raisonnée, d’une agriculture raisonnée. Nous y sommes contraints !

Les politiques et les élites bâtissaient à notre insu un monde inhumain, nous dressant les uns contre les autres, sans entraide entre générations. Nous sommes contraints à nous entraider, à vivre dans cette fraternité qui manque dans nos relations.

L’hygiène, la discipline de vie dans le foyer et la société, le retour à une morale sans dogmes. Nous y sommes contraints !

 

La vie ne sera plus comme avant. Mais nous travaillerons toujours à améliorer la condition humaine et à contribuer au progrès. C’est dans ces moments de fragilité que nous devons retrouver un sens à notre existence. Nous étions conscients que nous allions trop vite trop loin, les humains ont souffert, des guerres, des discriminations ; la nature a souffert, de tsunamis, d’incendies, de réchauffement climatique dû à l’activité humaine. D’autres pandémies surgiront d’on ne sait où.

Nous vivons une période historique. Car tout puissant que nous sommes, avec notre intelligence mise au service de l’industrie et des innovations high tech, nous sommes impuissants devant un minuscule élément, comme si le bras de fer entre les hommes et la terre sur laquelle ils vivent est une histoire sans fin. Cette fois-ci c’est sûr qu’on est obligé de plier. Mais à nous de faire attention, c’est un avertissement sévère.

L’épidémie de coronavirus apparait comme le facteur déclencheur pour tourner sérieusement la page d’un siècle sanglant, marqué par des guerres mondiales et un accroissement de la violence qui est allée crescendo. Allons-nous demain nous entretuer à nouveau pour se rejeter la faute de l’origine du virus ou pour une question de supériorité ou accepterons-nous de lutter ensemble contre de tels fléaux ?

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les Etats fortement éprouvés par des guerres à répétition ont décidé de créer une institution dont l’objet serait justement d’exprimer des difficultés et d’apporter des solutions. Cette institution s’appelle l’ONU (Organisation des Nations Unies) dont découle l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) ainsi que l’UNICEF (chargée parait-il de la protection des enfants). Gangrenées par la corruption, il ne reste de ces institutions que des squelettes gesticulant comme des épouvantails. Ce qui revient à dire que les Etats ont failli dans leur mission de recherche de la paix ou sont incapables de trouver des terrains d’entente. Or, nous avions confiance dans les Etats pour nous apporter sécurité et confort et ils ont trahi cette confiance. C’est pourquoi, sans vouloir leur disparition loin de là, je souhaite que la société civile puisse s’impliquer dans la marche du monde, puisque nous sommes sur le même bateau !

Cela fait une vingtaine d’années que j’ai une réputation d’activiste officieuse. Il est peut-être temps que je devienne une activiste officielle.
La pandémie va s’accompagner d’une situation économique dont on ne mesure pas encore les conséquences, qui pourra exacerber les conflits sociaux. Entre guerres et paix, moi j’ai fait mon choix qui est bien sûr la paix.

Pour avoir une paix durable, je lance un appel pour que se mette en place quelques priorités :

1)    LE DESARMEMENT et l’arrêt de la production d’armes au niveau mondial. Je crois qu’on ne doit pas manquer de stock dans le monde, donc on peut se permettre d’arrêter la production. C’est un impératif si on veut la paix. Les armées sont indispensables mais pas les armes classiques. Il faut former les militaires à d’autres formes de lutte.

2)    UN VASTE PLAN SANTE pour tous, sans qu’il y ait besoin de montrer son compte en banque. Il est plus important que les impôts servent à payer le personnel soignant et les services réellement utiles à la population plutôt que de payer des bureaucrates.

3)    UNE VERITABLE PROTECTION DES FEMMES ET DES ENFANTS, premières victimes de bien des injustices, avec la mise en place de sanctions sévères.

4)    UNE REVISION DES CRITERES DU PIB (Produit Intérieur Brut). Il est actuellement uniquement basé sur les performances économiques.  Le nouveau PIB devra intégrer les critères ci-dessus + des critères de qualité environnementale.

Bien entendu, il y a quantité d’autres sujets mais ces quatre axes me semblent des priorités pour garantir la paix dans le monde.
Tara Soultana, photographe, artiste engagé, directrice du site amusees-vous.fr

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