Le Trianon est étroitement lié à Marie-Antoinette qui lui donnera son aspect actuel.

La jeune princesse d’Autriche, arrachée au confort familial d’une éducation presque provinciale, arrive en France pour s’y marier le 16 mai 1770 à l’âge de quatorze ans et demi. Elle sera couronnée reine en 1774. Elle se retrouve plongée immédiatement au cœur d’une polémique qui agite autour d’elle l’élite la plus brillante de l’Europe scientifique, artistique et aristocratique. En effet, le 18e siècle est l’âge des découvertes, des explorations et de l’exotisme. Les voyageurs, amateurs, érudits ou artistes reviennent d’outre-Manche ou de longs voyages avec des dessins et des croquis de jardins foisonnant d’arbustes et de fleurs, ponctués de monuments tels que rotondes, grottes, ponts… des endroits propices au romantisme et à la réflexion philosophique. En quelques années, la nouvelle mode du jardin anglais a saisi l’élite aristocratique. On s’arrache à prix d’or les jardiniers ayant exercé en Angleterre et supposés des spécialistes dans ce nouvel art du jardinage. Le jardin anglais s’inspire de la Chine, l’autre empire nouvellement découvert qui subjugue par le raffinement des arts.

Marie Antoinette se passionne pour la nature sauvage et souhaite que son jardin soit différent. Elle valide le projet que lui présente le comte de Caraman qui présente un dessin d’une composition libre, aux perspectives profondes, longuement ouvertes depuis les fenêtres du château, ponctuées de bouquets d’arbres et d’une rivière artificielle ondoyant au milieu des prairies.

C’est ainsi qu’à Trianon, si on conserve quelques parterres à la française, une grande partie du domaine est « rendue » à la nature. Les grands arbres y poussent à leur gré, mêlant essences et couleurs.  En rappel du style antique, l’élégante rotonde du Temple de l’Amour au milieu d’une île reliée par deux petits ponts est inaugurée le 3 septembre 1778. Le Belvédère commencée la même année, ravissant pavillon octogonal gardé par huit figures de sphinges et élégamment campé en contraste d’enrochements sauvages, est un chef d’œuvre du raffinement néo-classique.

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