La fascination pour l’Egypte des pharaons continue avec cette nouvelle exposition au Louvre qui nous fait découvrir une nouvelle page de cette histoire mythique. Elle est en lien avec la mission archéologique du Louvre au Soudan qui, pendant dix ans, a concentré ses recherches sur le site de Mouweiss et les poursuit aujourd’hui à el-Hassa, 30 kilomètres plus au nord et non loin des pyramides de Méroé.

En plus des œuvres du Louvre, l’exposition réunit des objets provenant des musées de Londres, Berlin, New-York ou Khartoum : stèles, hiéroglyphes, statues, statuettes…

En fin de parcours, les nouvelles technologies réussissent l’exploit de reconstituer en 3D en sable de quartz, plâtre, résine et chaux, un groupe de statues de souverains absolument sublimes, exhaussant ainsi leurs vœux de trouver la vie éternelle.

 

Au 8e siècle av. J.-C., au Soudan, un royaume s’organise autour de sa capitale, Napata. Vers 730 av. J.-C. le souverain Piânkhy entreprend de conquérir l’Égypte, il pose les bases de la domination des souverains kouchites. Ses successeurs, pharaons de la 25e dynastie, règnèrent pendant plus de cinquante ans sur un royaume s’étendant du delta du Nil jusqu’au confluent du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le plus célèbre d’entre eux est sans conteste Taharqa. L’exposition met en lumière le rôle de premier plan de ce vaste royaume, situé dans ce qui est aujourd’hui le nord du Soudan

Les Égyptiens vont chercher dans les territoires nubiens et soudanais, l’or, les grès du Soudan, peaux de félins, ébène… Par son cours qui s’étend jusqu’au cœur de l’Afrique, dans la région des grands lacs, le Nil est le point par où circulent de nombreux produits venant du cœur du continent. La ville antique située face à la moderne Assouan rappelle par son nom égyptien Abou (éléphant, ivoire), comme son nom grec d’Éléphantine, l’importance de ce commerce qui s’étendra en direction d’Alexandrie et, de là, vers tout le pourtour de la Méditerranée

La dernière salle est absolument magnifique avec le groupe de statues découvertes à Doukki Gel. L’exposition ne présente pas les originaux, conservés au musée de Kerma, mais des reconstitutions réalisées à l’aide de la 3D en sable de quartz, plâtre, résine et chaux. Les sept statues reproduisent les originaux peints et dorés, tels qu’ils étaient avant leur destruction et leur enfouissement

En 2003, une mission archéologique rassemblant des archéologues suisses, français et soudanais découvrait à Doukki Gel quarante fragments correspondant à sept statues royales. Elles avaient été fracassées durant la campagne de Psammétique II et leurs restes soigneusement enterrés dans une cachette située entre les deux principaux temples de la ville après le départ des Égyptiens. On avait minutieusement enterré avec elles de nombreux fragments de feuilles d’or qui les ornaient à l’origine. La plus grande des statues représente Taharqa, les autres figurent d’autres souverains, Anlamani, Tanouétamani, Senkamanisken et Aspelta. Cinq des statues représentent les souverains à la mode napatéenne avec la calotte de tissus et le double uraeus, deux figurent le roi avec le pschent, la double couronne des pharaons égyptiens. Certaines parties étaient, à l’origine, couvertes de feuilles d’or (coiffures, pagnes, ornements). Les restes des sculptures détruites par les Égyptiens ont donc été soigneusement ressemblés, sans doute à la demande d’Aspelta, et enfouies dans une «cachette» aménagée à cet effet.

www.louvre.fr

 

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